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Le corps, champ de bataille de « PARAdistinguidas »

"PARAdistinguidas" Ecriture et direction: La Ribot. Photo de répétition. (c) Rares Donca

Les sujets des travaux précédents de La Ribot, comme dans les «Pièces distinguées», étaient souvent construits en liaison avec la mise en scène de son corps féminin avec des objets métaphoriques. Son corps n’est pas simplement sollicité pour sa beauté, il symbolise surtout un champ de bataille chargé de sens critique et cynique, mais empreint d’humour. Ces «Pièces distinguées» ont-t-elles un rapport avec le féminisme ?

Dans les sociétés capitalistes, l’échange de marchandises est à la base du système et de la vie. Le milieu de l’art feint de l’ignorer et dédaigne officiellement parler d’argent alors que le capital constitue la ressource indispensable à la production de l’oeuvre. L’image de ce rapport financier dérange, bien qu’il soit le véritable roi de la fête. La Ribot qui ignore cette fausse pudeur a entrepris de créer la propre économie de son art. C’est avec les premières «Pièces distinguées», en 1993, qu’elle a commencé à proposer de vendre ses performances à des collectionneurs, inventant ainsi une nouvelle forme d’économie artistique pour ce projet sériel. Cette histoire de l’écosophie artistique est bien antérieure à la démarche de Tino Seghal qui suit aujourd’hui les traces de la chorégraphe.

Dans ses pièces précédentes, La Ribot a souvent travaillé en solo, mais depuis peu elle travaille de plus en plus en groupe:

Quand La Ribot parle des «Pièces distinguées», elle se pose la question du « Live », ou de la valeur de la présence, de ses œuvres et de la possibilité de les «faire vivre», le devenir de la présence comme une vie, d’assurer leur existence selon sa propre règle écosophique. Cette notion de «vivant» n’est pas simplement limitée à la singularité du spectacle vivant qui fait intervenir la présence, mais il s’agit réellement de la vie d’une pièce et de faire l’histoire.  L’histoire dont nous parlons n’est pas celle personnelle de l’artiste mais bien celle de ses œuvres. Cette histoire évolue dans sa continuité vivante, composée de l’ADN de l’esthétique de la Ribot. Les «PARAdistinguidas» s’inscrivent dans ce contexte de création en vue de reconstruire l’histoire. Comment La Ribot montre-t-elle cette historicité en rapport avec ses créations précédentes ?
Réponse sur la scène de la Comédie de Genève.

Yi-hua Wu

PARAdistinguidas. Ecriture et direction: La Ribot
Comédie de Genève . 26 au 29 mai 2011.

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