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Pour le président-candidat français, l’Internet met la République en danger

C’est régulier, après chaque fait divers le président français exige des lois plus répressives. Le 22 mars, lors d’une intervention télévisée après les crimes commis à Montauban et à Toulouse, le président-candidat a demandé de nouvelles restrictions de la liberté individuelle en s’attaquant à l’Internet qui l’obsède. « La République doit être implacable pour défendre ses valeurs. Elle ne tolèrera ni embrigadement ni conditionnement idéologiques sur son propre sol (…) Désormais, toute personne qui consultera de manière habituelle des sites internet qui font l’apologie du terrorisme ou qui appellent à la haine et à la violence sera punie pénalement. »

Nicolas Sarkozy ne pourra plus tolérer la télévision, les meetings électoraux et l’Internet

Le président-candidat va-t-il s’attaquer au principal moyen de conditionnement que représentent les télévisions qu’il contrôle, devra-t-il annuler les multiples interventions au cours desquelles il diffuse le racisme, appelle à la haine,  notamment des étrangers, et entretient la peur qu’il a suscitée? De longue date, l’Internet est son ennemi viscéral et il le combat sans faiblir. Les suites des « Printemps arabes » ont permis de prendre connaissance des moyens mis, hier, par des gouvernements européens, au service des dirigeants de Libye, de Tunisie, d’Egypte ou de Syrie pour surveiller leurs peuples et attaquer leurs opposants. Mais les systèmes fonctionnaient déjà en France, par exemple en janvier 2006, la loi relative à la lutte contre le terrorisme (LCT), présentée par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, a permis aux services anti-terroristes de pouvoir accéder aux “données de trafic” en dehors de tout contrôle de l’autorité judiciaire. (Lire sur OWNI)

En 2010, Mme Kosciusko-Morizet (actuelle porte-parole du candidat en question) se prononçait pour la protection des données personnelles sur Internet et le droit à l’oubli numérique… Toujours en 2010, Bernard Kouchner, alors  ministre des affaires étrangères plaidait pour un « un Internet universel, l’outil le plus formidable de mise à bas des murs et des frontières qui enferment » Dans une tribune publiée par Le Monde et le New York Times, le ministre remarquait : « Les technologies modernes apportent le meilleur et le pire. Les sites et blogs extrémistes, racistes, diffamatoires diffusent en temps réel des opinions détestables. Ils font d’Internet un outil de guerre et de haine. Des sites sont attaqués, des internautes recrutés sur les forums pour des projets destructeurs », voilà pour le pire mais l’auteur tempérait son propos: « Mais tout de même, ces dérives constituent l’exception », cependant Le nombre de pays qui pratiquent la censure sur Internet, qui surveillent et punissent les internautes pour délits d’opinion, progresse à un rythme inquiétant. Internet peut se retourner contre le citoyen, devenir une source de renseignement redoutable pour traquer en amont l’opposant potentiel. D’ores et déjà, certains régimes se dotent de technologies de surveillance de plus en plus sophistiquées. »

« Quelles nouvelles dérives, quels nouveaux barrages seront mis en place par les ennemis d’Internet ? » demandait alors le ministre. Le président qui prône la liberté, mais ailleurs, lui donne aujourd’hui de nouveaux exemples. Convenons avec Kouchner que « Si tous ceux qui sont attachés aux droits de l’homme et à la démocratie refusent de transiger avec leurs principes et défendent un espace Internet qui garantit la liberté d’expression, cette répression sera rendue plus difficile. » En France, lors des prochaines élections, les citoyens auront l’occasion de soutenir ou non la dérive totalitaire dans laquelle le président actuel engage le pays.

Jacques Magnol

«Des attentats terroristes et racistes ont tué sept personnes dont trois enfants. De nouvelles manifestations d’antisémitisme font écho à l’islamophobie qui envahit la vie politique.»
A Genève, suite à la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, le 21 mars, Karl Grünberg,  indique que « Désormais, les responsables politiques recourent délibérément au racisme.
En 1987, Le Pen soutenait que «les chambres à gaz» sont «un point de détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale». Quatre ans plus tard il était condamné.
Aujourd’hui, les plus hautes instances multiplient les petites phrases irresponsables aussitôt banalisées comme autant d’efforts pour arracher des voix au Front National. Pour Nicolas Sarkozy «l’homme africain est incapable de s’inventer un destin». Et Claude Guéant, son ministre de l’Intérieur, vient d’asséner que «toutes les civilisations ne se valent pas».
Le rouleau compresseur de «la réforme» plonge dans la misère et le désespoir des millions d’hommes et de femmes, de jeunes gens, de personnes âgées. Beaucoup se revendiquent «Français de souche», ou «vrais Suisses». Qu’expriment-ils sinon l’espoir que leur passeport les protégerait du désastre qui grandit?
Combien d’années la banalisation du racisme nuira-t-elle encore à la société?»

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